Voyage au coeur de la kerterre

Voyage au pays de la Kerterre

J’ai connu la Kerterre finalement assez tard. C’était en 2019, alors que je me trouvais quelque part dans l’hémisphère Sud, à l’autre bout du monde. 

Je suis tombé sur une vidéo d’Evelyne Adam, qui a créé il y a 20 ans une petite maisons à base de chaux et de chanvre. Après plusieurs essais, elle trouva l’équilibre des mélanges et des formes, à mi-chemin de la sculpture. Elle nomma sa maison KerTerre (Ker pour maison en breton).

Cette découverte a été un énorme coup de coeur. Nous étions en plein milieu de notre voyage d’un an. Et pour ma part, en pleine réalisation du bonheur qu’il y avait à renouer avec la nature. Vivre “avec”, plutôt que “dans”. Ou, “malgré” elle.

Notre voyage commence avec la Kerterre

A cause de la crise sanitaire, j’ai dû remettre mon voyage “Au coeur des maisons et villages verts”. Lors du périple, je prévoyais d’y faire un stage d’une semaine pour apprendre à construire une kerterre. Finalement, le stage a été repoussé au 27 juin et mon voyage complètement chamboulé.

Pourquoi faire un stage de kerterre ?

Je me passionne pour les habitats écologiques au global.

Et, une kerterre, c’est un peu comme revenir aux sources de la maison et de l’habitat. Et finalement, c’est une excellente chose de commencer mon voyage par là.

Intérieur de kerterre
Intérieur de kerterre

L’histoire de la Kerterre.

Evelyne Adam est une ancienne musicienne parisienne. Il y a une vingtaine d’année, elle s’installe au fin fond de la Bretagne, près de Beuzec, à l’intérieur des terres.

Là, elle imagine un oeuvre/maison, un lieu où la présence de l’homme se fondrait dans son environnement. Une recherche d’harmonie ? Peut-être encore plus. Pour elle, la présence de l’homme doit apporter quelque chose de plus, une bonification.

La kerterre, plus qu’une maison

De cette recherche naît donc la kerterre, une petite maison en chaux, sable, et chanvre. Facile à fabriquer, Evelyne Adam dira que la kerterre permet à la femme de se réapproprier la construction de la maison, habituellement dévolue à l’homme. Mais c’est surtout l’idée de faire corps avec son environnement. Pour elle, une kerterre ne peut se dissocier de la nature.

Le jardin jungle

La kerterre est posée quelque part, et ses habitants vivent directement avec la nature qui les entoure. Quand on sait regarder, comprend, reconnaît, cultive en caressant, et en sachant utiliser ce que l’on prélève, la nature est abondante et généreuse. 

Ainsi, le jardin semble être laissé à l’abandon, mais il s’exprime. Et chacun des gestes de ses habitants est guidé par cette parole : “agir pour soi et plus que soi”. 

Et c’est d’ailleurs une idée très forte. Si chacun de nos gestes avaient une portée consciente pour soi et plus que soi… Et si cela était ancré dans nos cultures, alors, la face du monde aurait sans doute un autre aspect.

Renvoi à un inconscient collectif : le Jardin d’Eden

Ces kerterres sont de petits modules de quelques mètres carrés, des maisons-dômes. Mais ce n’est pas grave, car on vit dehors. 

Plutôt que voir une maison traditionnelle, il faut imaginer un habitat réparti en plusieurs modules. Chaque partie est une petite maison qui peut avoir son propre usage (salle de bain, chambre…).  Un peu comme un village de Tiny House dans lequel chaque membre de la famille peut avoir sa propre Tiny. 

Les formes sont très organiques et s’intègrent parfaitement au milieu des arbres et des plantes.

Instinctivement, on les trouve charmantes. Elles nous rappellent un paradis perdu, dans lequel l’homme vivrait en toute sérénité.

Leur petite taille leur donne l’aspect de cocon, dans lequel on vient de réfugier et se ressourcer.

Le confort semble sommaire pour nos modes de vie contemporains. Mais, pour ceux qui font l’effort de s’y adapter, le jeu semble en valoir la chandelle. 

C’est pour cela que nous allons tester. 

Ah oui, car, je ne l’ai encore pas dit. Mais nous partons en famille. Juliette et Eden m’accompagnent dans le van que nous avons loué.

Notre objectif n’est pas d’y vivre. Mais j’ai un autre projet, dont je vous ferai part plus tard et dans lequel ces kerterres pourraient prendre place !

Maisons-Sculptures

Pour l’anecdote, les kerterres ont un cadre légal un peu particulier. Elle ne sont pas reconnues comme des maisons, car il n’existe pas de permis de construire pour ce type d’habitat. Alors, eh bien, ce sera des sculptures habitées ! Pour respecter ce statut, une kerterre devra faire moins de 12m de haut et au maximum 40m3 de volume. C’est aujourd’hui la seule méthode pour faire reconnaitre une kerterre.  [MAJ 07/2020]. En fait, on ne peut plus déclarer de sculpture habitable. Ce statut n’est plus reconnu. En revanche, des kerterres ont enfin eu leur permis de construire, comme n’importe quelle maison.

A suivre…

Dans les prochaines publications, nous relaierons notre aventure, nos impressions. 

A bientôt !

Photos et informations sur la kerterre : cliquer ici.

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2 réflexions au sujet de “Voyage au pays de la Kerterre”

  1. Bravo pour cet article synthétique qui pose les choses et donne envie de savoir la suite.
    Question : 40m3, ça fait combien au sol ?
    Des bizz

    Répondre
    • Bonjour
      Merci pour le commentaire.
      Ça dépend de la hauteur.
      Pour un cube, c’est surface x hauteur.
      Comme les kerterres sont des constructions en voûtes c’est plus compliqué à calculer. Disons 20m2 environ.
      Mais la surface n’est pas le plus important dans ce mode d’habitat.

      Répondre

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