France : 4ème des pays les plus verts, selon le Green Future Index

Le classement mondial Green Future Index réalisé par le MIT technology Review positionne la France à la 4ème place

Cette étude évalue 76 pays sur leur engagement pour construire un avenir sobre en carbone.

Que dire de cet excellent résultat ?

Sommes-nous sur la bonne trajectoire ?

Alors que le tribunal administratif de Paris vient de condamner l’état français pour manquement dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Un méthodologie qui privilégie les mesures plus que les résultats

La France est au pied du podium, juste derrière trois pays nordiques (l’Islande, le Danemark et la Norvège) qui profitent d’un engagement dans les énergie renouvelables de longue date et de conditions naturelles favorables (hydraulique, géothermique, éolien).

La note globale de l’étude du MIT est calculée à partir de 5 critères dont voici le résultat pour la France :

  • Émissions carbones : 13ème position
  • Transition énergétique : 62ème position
  • Société verte : 57ème position. (Ce critère inclut : Le recyclage, le développement des bâtiments basse consommation. La baisse de la consommation de viandes et de produits laitiers…)
  • Innovation verte (clean) : 9ème position. (Efforts des pays pour promouvoir la décarbonisation par l’innovation. Brevets verts et d’investissements dans les technologies alimentaires durables de chaque pays ou territoire. Investissements pour développer une énergie propre)
  • Politique climatique : 2ème position.

La 4ème place de la France est essentiellement liée à la politique qui est notée pour 40% de la note. Et c’est là le biais de cette étude comme nous le verrons. Elle surpondère les engagements et les trajectoires. Mais, comme l’histoire récente le montre, ces engagements ne sont que rarement corroborés par les faits.

Classement des pays Green Index - MIT
Classement des pays Green Index – MIT

On notera la surreprésentation de pays Européens dans le haut du classement : 15 sur 20.

I.Les émissions carbones.

La France est en 13ème position sur ce critère. Quand on regarde en détail, elle se retrouve à la 57ème position pour les émissions de gaz à effet de serre. 

Le Green Future Index met aussi en valeur la croissance des émissions globales. A ce titre la France est en 15ème position (vs 2sd du Royaume Unis). Quand on regarde par secteurs d’activité, nous sommes pour le transport à la 12ème position. L’industrie se situe en 12ème position et l’agriculture à la 23ème place.

L’évolution de nos émissions semblent s’améliorer mais nous partons de loin.

En effet, seuls 20-25% de l’énergie consommée est électrique (“décarbonée” à près de 90%). Le reste est fossile, soit 75% à 80% et donc émet des gaz à effet de serre.

Il faut prendre en compte également que la moitié des émissions de CO2 par habitant est “déléguée” via les importations.

En réalité, les émissions de gaz à effet de serre baissent. Mais elles baissent trop peu en regard des engagements fixés qui rappelons-le sont la neutralité carbone en 2050.

La Programmation Pluriannuelle de l’Energie est ambitieuse, mais a de fortes chances de ne pas être tenue.

the green index
the green index – Gaz à effet de serre – Classement des pays

II Transition énergétique

La 62ème place de la France est sans doute l’élément le plus révélateur de son manquement, non dans l’ambition, mais dans la réalisation et la concrétisation.

La part importante du nucléaire dans le mix énergétique de production d’électricité est un élément déformant à court et moyen terme. 

Si nous en profitons actuellement, la situation à 20 ans est on ne peut plus floue. C’est un héritage qui risque de fortement peser sur les investissements alternatifs à long terme.

Sur les 10 premières places, 7 sont en Afrique. La chute des prix des énergies alternatives ont constitué des opportunités aussi bien pour des solutions connectées que hors connectées aux réseaux.

Ces pays bénéficient aussi de forts ensoleillement qui favorisent le rendement de la production photovoltaïque.

Tout comme dans les télécommunications, le fait de tout devoir construire constitue un avantage afin de réaliser des bonds d’adoption à des nouvelles technologies ou des usages différents.

III Société “verte”

Ce critère inclut le bâtiment, le recyclage, la reforestation, et les comportements alimentaires liés à la viande et les produits laitiers. Ces critères ont un impact important sur l’environnement. Rappelons-le ⅓ des Gaz à effet de serre proviennent du bâtiment.

La France est 57ème sur le critère global, 50ème pour le bâtiment, 73ème sur la viande et les produits laitiers.

Si l’on prend le bâtiment qui est le secteur qui nous concerne dans ce blog, ce secteur est extrêmement décevant. Comme le souligne mon collègue Claude Lefrançois, en commentant le rapport TREMI, les résultats ne sont pas à la hauteur des sommes investies : 20 milliards par an pour la rénovation énergétique. (Lire l’article)

IV Innovation “propre”

Parmi les éléments pris en compte, on trouve les brevets déposés, les investissements dans les énergies “propres”, les investissements dans la “FoodTech”.

La 9ème position dans le Green Future Index provient essentiellement de l’engagement de la France dans les technologies liées à l’hydrogène. Le pays s’est engagé à dépasser les objectifs de l’UE en matière d’énergie à base d’hydrogène d’ici 2030.

V. La politique climatique

Comme nous l’avons dit, le Green Future Index considère ce point comme le plus important. Il pèse pour près de 40% de la note. 

La France obtient la note de 7,25, ex aequo avec la Nouvelle Zélande et le Danemark.

La raison de ce bon classement est en grande partie due à la mise en place de taxes carbones et de mesures et d’aides, comme celle donnée en exemple, en contreparties d’engagement de réductions de Gaz à Effet de Serre : ici, l’aide de 10 milliards accordées à Air France-KLM.

Le rapport souligne également les nouvelles dépenses réalisées par la France en faveur “de la relance verte et une accélération des investissements”.

L’étude se positionne ainsi sur les progrès et l’engagement à bâtir un avenir sobre en carbone. “Elle mesure le degré de pivotement des économies vers les énergies propres, l’industrie, l’agriculture et la société par le biais d’investissements dans les énergies renouvelables, l’innovation et la finance verte.” (introduction)

Mais elle n’évalue que les engagements, pas s’ils sont ou seront en passe d’être atteints.

En conclusion

Le Green Future Index met en évidence que le sort de la planète dépend de trois acteurs majeurs : La Chine, les états-unis et l’Union Européenne qui représentent à eux près 60% des gaz à effet de serre.

L’Union Européenne est globalement extrêmement bien placée dans le classement et est montrée comme leader, voire comme modèle dans les mesures prises pour lutter contre le changement climatique.

Par exemple, le rapport rappelle que “La Commission européenne s’apprête à mettre en place un système d’ajustement du CO2 à la frontière” permettant de favoriser les importations bas carbone.

On peut regretter que l’étude ne place la réduction des gaz à effet de serre, pilier des Accord de Paris que pour 15% de la note. Ce qui déforme complètement la réalité au détriment d’engagements, de promesses.

Comme déjà abordé dans cet article, les engagements pris au niveau des pays sont rarement suivis des faits. Et parfois les actions plus locales, portées par des acteurs motivés apportent des solutions concrètes et efficaces. Mais malheureusement, ces actions ne sont pas à l’échelle des enjeux.

Encore une fois, les diagnostics sont faits, sont corroborés par les mesures et les événements (réchauffement climatique, giga incendies, événements météos violents, sécheresses, diminutions des écosystèmes et de la biodiversité, et leurs effets collatéraux). Ce rapport montre encore une fois que nous sommes à nouveau au pied du mur et que les intentions ne suffiront pas.

L’engagement de chacun est indispensable. Et le premier pas vers cet engagement est de bien comprendre les mécanismes qui sont en jeu et comment nous pouvons nous y adapter tout en nous épanouissant.

Lien vers le rapport du MIT : (cliquez ici)

Lien vers les données (cliquez ici) du Green Future Index

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