Intérieur de Kerterre

Maison en paille, chanvre, kerterre, une autre façon de voir la construction… Maisons en terres crues, matières organiques et minérales – 3/3

Saviez-vous que l’on peut construire les murs de sa maison avec des bottes de pailles ? Y compris les murs portants ? Une maison en paille a de très bonnes performances énergétiques. Et ce n’est pas sa seule qualité.

Nous finissons ici notre série (voir articles sur les maisons en terre crue) par des techniques qui peuvent paraître encore plus alternatives pour le non initiés. Que ce soit la maison en paille, ou par l’utilisation du chanvre, comme dans les Kerterres, ces techniques nous rapprochent de la nature, mais restent très très peu répandues, voire expérimentales.

Quel est l’intérêt de ces matériaux ? On les trouve en abondance. Ils nécessitent donc peu de transport, ne sont pas polluants, puisque peu transformés, et ne concentrent pas de composants polluants.

Mais les avantages ne s’arrêtent pas là. Ils ont des propriétés fortement recherchées : les matières premières sont bon marché, ce sont d’excellents isolants. Si l’on suit les recommandations des maisons bio-climatiques, on parvient à obtenir des performances énergétiques très intéressantes aussi pour l’hiver que pour l’été.

Enfin, même s’ils constituent de bons isolants thermiques, ils laissent “respirer” les murs et préviennent l’accumulation d’humidité.

Maison en paille

Maison mûrs en paille
Maison en paille en Hollande – Par Ewig Lernender — my own digital foto, CC BY-SA 3.0,

Les constructions des murs de maison en paille sont aussi solides que les autres. La résistance au feu est bonne, et la longévité également, comme en témoigne la Maison Feuillette à Montargis, construite en 1920.

Maison Feuillette, murs en paille
Maison Feuillette, murs en paille

On utilise de la paille de céréales (blé, triticale, seigle, orge, etc.) compressée. Les structures en bois (poteaux, ossatures bois simples, caissons préfabriqués) intègrent les bottes. On peut aussi les utiliser pour l’isolation des toits, via les combles, remplir des cloisons intérieurs. Car c’est un excellent isolant thermique et phonique. Et là aussi, la maison respire, en particulier si l’on utilise des enduits intérieurs et extérieurs “naturels” à base de terres ou de chaux…

Bien qu’encore rare, c’est une technique en plein essor, compatible avec la construction en kit et l’autoconstruction. Le label “Bâtiment biosourcé” et une prescription de construction paille dans la Commande publique pourraient augmenter sa popularité.

On distingue plusieurs techniques :

  • Murs en paille entre structure poteaux-poutres
  • la technique “Nebraska”
  • la technique “ossature bois”
  • les caissons bois
  • la technique du GREB

Elle permet aussi une grande variété architecturale et est compatible avec des exigences locales de maisons traditionnelles. 

Le manque d’artisans formés reste un frein. Le coût, malgré le prix de la matière première, reste donc encore, dans la fourchette haute.

Chanvre

Maison en chanvre
Maison en chanvre – © DB Chanvre

Le chanvre est LE matériau écologique. C’est une plante qui pousse très facilement (peu d’eau, d’engrais et de pesticides).

Le chanvre est mélangé à de la chaux pour constituer une matière similaire au béton, qui est “coulée” dans un coffrage, retiré une fois le mur sec. L’ensemble est fini par des enduits extérieurs et intérieurs.

L’ensemble bénéficie de bonnes performances :  absorption de l’humidité, isolation thermique, régulation de l’hygrométrie 

La conception de murs en chanvre demande une certaine expertise. Et encore une fois, c’est encore une denrée rare. La première maison n’a que 30 ans. Certains propriétaires pointent le doigt sur des techniques qui sont encore un peu tâtonnantes.

Elle reste cependant très prometteuse. 

Les murs sont structurés autour d’une ossature bois, dans des coffrages. L’ensemble fini a une épaisseur de 35 cm environ.

A date, on ne peut pas construire de bâtiment de plus de deux étages + combles. Mais il n’y a pas d’autres contraintes architecturales.

Les coûts restent encore élevés, en particulier à cause de compétences encore trop rares, mais la filière se structure. Il faut compter autour de 1700€/m2.

Kerterre

Kerterre, dans la nature
Kerterre, dans la nature – Kerterres (@Kerterre.org)

La kerterre reprend en gros la technique du chanvre en la mixant avec une architecture en dôme, ou voute.

La facilité de la mise en oeuvre la rend particulièrement bien adapté à l’autoconstruction ou à la construction participative. 

La kerterre a été inventée par Evelyne Adam, qui aspire à une vie en harmonie avec la nature. Construire une Kerterre ne nécessite pas de conditions physique particulière. La conceptrice dira même qu’elle émancipe la femme, parce que le rôle de constructeur était dévolu jusque là à l’homme.  

Les maisons sont plutôt de petites tailles et sont donc par nature écologiques (peu de matériaux transformés). Mise à part la chaux qui nécessite de l’énergie à sa production, la kerterre est très sobre en énergie aussi bien pour sa construction (essentiellement réalisée à la main) qu’à l’usage (isolation et faible surface d’habitation).

Il faut compter entre cinq et dix mille euros pour une petite maison équipée (chauffage, menuiserie), plus la formation et un mois de travail. Le montage des murs est manuel.

Il est aussi possible de se faire construire une kerterre clé en main. 

Pour plus d’informations pour les formations et constructions : kerterre.org.

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