J’ai suivi la formation Kerterre : apprendre à construire une maison en chaux-chanvre pour moins de 2000 € de matériel

Construire une maison de ses propres mains, sans mécanisation, c’est-à-dire sans aucun bruit de machine. Seulement avec quelques outils, 20 personnes qui se forment et se relaient. Le tout en 5 jours. Pensez-vous que c’est possible en juin 2020 ? Oui ! La formation Kerterre est la première étape (en vrai !) dans mon voyage au coeur des maisons et villages verts.

J’avoue que commencer ce voyage par la construction d’une Kerterre est finalement une excellente initative. Le hasard a bien fait les choses. Une Kerterre, c’est un peu une maison dans sa plus simple expression.

Les formes arrondies rappellent le ventre rassurant, régénérateur.

Assis en son seing, on se sent protéger, au plus proche de ses racines. Et pour cause, le sol est généralement en terre recouvert de chanvre, ou d’un parquet.

Clairière de la Kerterre
Clairière de la Kerterre. En fait, cette Kerterre est plutôt une Keryourte. En effet, une yourte a servi de toile pendant sa construction. Nous allons construire la chambre de cette maison.

Formation Kerterre

Voici mon retour d’expérience de cette semaine d’apprentissage. La formation dure 5 jours. 5 jours pour construire une maison. Le lundi matin à 9h, nous rejoignons Solène, la formatrice. Solène, jeune femme dynamique et rayonnante forme à la construction des kerterres depuis 6 ans. Nous sommes sur son terrain. Un terrain sur lequel elle a construit sa “KerYourte”.

Une “Keryourte” ? Pour Evelyne Adam qui a expérimenté et mis au point les Kerterres il y a une vingtaine d’années, cette construction n’est pas suffisamment “voutée”, arrondie. De plus son diamètre est celui d’une yourte. Et pour cause ! Solène a bâti sa Kerterre en prenant appui sur la yourte qui se trouvait sur le terrain. Et quel terrain ! Une magnifique clairière où les fleurs et les plantes s’épanouissent en toute liberté.

Pas n’importe quelle plante : des plantes qui bonifient le terrain et reforment la couche d’humus. En quelques années, la clairière accueille à nouveau une faune et une flore abondante et… nourrit (en partie) ses habitants. Nous goûtons les pétales légèrement sucrés de la fleur jaune que l’on peut voir ci-dessous.

Autonomie électrique - panneau solaire
Les besoins de la Kerterre sont faibles en énergie. Un simple panneau solaire suffit pour alimenter la maison en éclairage et pour recharger un ordinateur et un smartphone.

La rencontre

Nous sommes donc accueillis par Solène et ses deux assistants : Mylène et Teddy.

Un large sourire éclaire leurs visages. Et ce qui me frappe, c’est le bien-être, la lumière, la joie, je ne sais comment le décrire, qui se dégage de leur visage bienveillant.

Nous nous sentons tout de suite à l’aise.

Ma fille Eden participe à l’aventure. Il est convenu avec Solène que nous testerions la première journée l’adhésion d’Eden à la formation.

Pendant la première heure chacun se présente, et s’il le souhaite partage ses motivations. Le profil des stagiaires est très varié. Cela va de personnes très avancées dans leur transition (permaculture…) à des personnes intéressées par le mode de construction.

Première étape de la formation Kerterre : création d’un hérisson :

La formation kerterre commence par un briefing, tout d’abord la présentation des matériaux. Alors là c’est on ne peut plus simple :

  • Chanvre,
  • Chaux hydraulique,
  • Sable. Nous aurons deux qualités de sables, un sable fin blanc pour les zones plus fragiles, ou fines, et un sables plus épais qui nous servira à faire le béton de chaux.
  • A cela s’ajoute des pierres et du gravier pour le hérisson. (couche de graviers de 25-30 cm sous le mur qui sert à éviter les remontées capillaires, c’est-à-dire les remontées d’humidité)
  • Une centaine d’ardoises pour couvrir le hérisson.
  • Un skydôme qui formera la clé de voûte du dôme.
  • Et une grande fenêtre de toit, type vélux qui permettra de voir depuis son lit la nature environnante. Pourquoi une fenêtre de toit ? Car elle sera posée penchée. Une fenêtre traditionnelle ne serait pas pratique à ouvrir.

Hors menuiserie, il y a pour 500 euros de matériel. 500 euros pour construire une pièce de 10m2… Cela semble raisonnable. Si l’on ajoute le prix du sky dome (700 €) et du velux (1000€ environ, cela donne un montant en matériaux de 2200€).

Puis nous attaquons directement le chantier par la mise en place d’un hérisson.

Le hérisson…

Kerterre Moule en métal création du hérisson
Construction d’une Kerterre à partir d’un moule en métal démontable de l’intérieur – création du hérisson

Nous sommes sur un terrain peu drainant. Alors, afin d’éviter les remontées capillaires qui humidifierait les murs et fragiliserait la construction, nous remplissons une tranchée de 30cmx30cm de gravier que nous recouvrons de pierres, elles-mêmes recouvertes par des ardoises. Cette tranchée reprend le dessin des murs qui formeront la voûte. Et oui, la Kerterre est d’un seul tenant, pas de rupture entre le toit et les murs. Le même matériau les compose : des mèches de chanvre trempées dans un mélange chaux-sable.

Soudain, quelque chose me frappe…

Je lève la tête du mélange que j’étais en train de malaxer et regarde autour de moi. On n’entend que le bruit du vent dans les arbres, les oiseaux, les quelques mots échangés entre nous. Et c’est tout. On ne tape sur rien. Pas de bruit de bétonnière, de machine électrique, de pelleteuse, de marteau piqueur. Rien de tout cela.

Pour quelqu’un qui vit à Paris où le moindre chantier est synonyme d’un bruit assourdissant où il faut creuser, forer, faire venir de grosses machines… c’est assez …insolite.

Chantier non mécanisé de la Kerterre
Seaux, bassines, arrosoirs, 1 truelle, deux brouettes, quelques palettes, quelques planches, une échelle, des gants et des protections oculaires, quelques branches pour les étais… Un chantier calme, serein, habité par la bonne humeur et la nature qui nous entoure.
Préparation du mélange chaux sable
Préparation du mélange chaux-chanvre et sable. On plonge et imbibe ensuite les mèches avant de les poser sur la construction. La prise prend en quelques heures, selon la météo.
Préparation des mèches en chanvre
Je prépare des mèches de chanvre. Les mèches vont de 30cm à plus d’un mètre de long. Nous les trempons ensuite dans le mélange chaux-sable.
Préparation de l'isolant composé de chènevottes
Préparation de l’isolant composé de chènevotte et d’un mélange à base de chaux

Visite de la KerYourte

Vue de la keryourte avec le moule en métal
Vue de la keryourte avec le moule en métal.
La construction sur moule permet de monter plus rapidement les murs de la voûte. Il n’est pas nécessaire d’attendre le séchage complets des mèches pour pouvoir avancer. Ce qui convient parfaitement à un chantier de 20 personnes.
Intérieur de la Keryourte
Intérieur de la Keryourte. Le gravier autour de la baignoire permet de ne pas se soucier des projections d’eau. Car, sous ces graviers, on trouve… la terre.
Skydome de la keryourte
Le sky dome est la clé de voûte de la maison. Mais comme la voûte est très horizontale, les forces sont moins bien réparties sur les murs. On ajoute donc des colonnes pour renforcer les murs et le toit. Ce n’est pas très orthodoxe pour une kerterre. Mais cela donne un charme certain.

Cette maison semble sortie d’un autre temps, ou d’un autre monde. Et pourtant, elle est là. Son habitante est bien réelle et montre tous les signes de l’épanouissement.

La nature et le calme composent son environnement. Pour l’atteindre, il faut traverser un bout de forêt par un petit chemin. Il est impossible de venir en voiture par exemple, tant ce chemin est étroit et sinueux. On la laisse à 200m environ. Mais cela contribue au charme de l’endroit.

Et le confort ? Un coin cuisine à l’intérieur, une grande cuisine extérieur, une belle baignoire et des toilettes sèches à l’extérieur.

Le terrain est couvert de fleurs, de plantes médicinales ou comestibles.

L’ensemble est lowtech. Mais, quand on a fait le choix de vivre dans une kerterre, la technologie n’est pas le principal sujet d’attention. Toutefois, tout est possible dans une kerterre, car comme nous allons le voir, un des avantages de la kerterre est sa capacité d’adaptation et sa modularité.

Le chantier avance

Après la pose du hérisson, nous attaquons maintenant la mise en place des premières mèches enduites du mélange que nous préparons à la main.

Et là, je reste sceptique. Comment est-ce que cela peut tenir ? Comment tous ces petits bouts de branches vont-ils tenir entre eux ?

Le chanvre est une fibre très résistante. Et, donc, nous construisons une maison en fibre…

Pose des mèches
Et voici la pose des mèches. La base de la formation kerterre.
Mèches posées
Pour continuer la pose des méches, la pose d’une petite planche permet d’éviter d’attendre la prise
Une petite pause
Une petite pause sur le chantier Kerterre. Eden a 10 ans. Et elle va adorer participer à la construction de cette maison. Uniquement avec ses mains. C’est bien mieux qu’une cabane ! C’est une vrai maison pour habiter !

Les mèches se transforment en pierre

Le lendemain, la prise du mélange chaux-chanvre est forte. Les mèches sont dures comme de la pierre. Et pourtant, elles ne sont pas encore totalement sèches. Une Kerterre met presque 3 ans à sécher complètement (en comptant le séchage des enduits qui donneront l’étanchéité à la maisons). (NdlA : ce stage de 5 jours ne comprend pas la pose des enduits. Cette compétence fait partie d’un autre stage de 5 jours)

Emplacement de la fenêtre
Emplacement de la fenêtre. Ce sera un Velux. Grâce à lui, la propriétaire des lieux aura une vue magnifique sur la clairière.
Les dessins blancs donnent l’emplacement des boules en verre que nous positionnerons ultérieurement. Elles laisseront passer une lumière irradiante.
Couloir voûte
Le couloir sera vouté. Mais comme le mur de la keryourte n’a pas encore été percé, pour pouvoir accéder, un moule fait d’un fond de poubelle permet de ménager un futur passage qui sera rebouché dans second temps
Un chantier dans la nature
Kerterre. Un chantier dans la nature. Pas besoin d’électricité pour faire tourner une bétonnière. Tous les mélanges sont faits à la main.
Pose de l'isolant
Pose de l’isolant en Chènevottes. Ce sont les fibres qui constituent 55% de la plante et se trouvent en son coeur.
La pose de l'isolat se poursuit
La pose de l’isolant se poursuit
Ca y est la première couche de l'isolant atteint le skydome
Ca y est la première couche de l’isolant atteint le skydome – Kerterre

Le bilan de cette formation kerterre

Alors, j’ai adoré cette formation. C’était à la fois une expérience humaine, une découverte (les kerterres en vrai) et l’apprentissage d’une technique très accessible.

Il faut bien avoir conscience de deux choses :

  • Cette technique est à la portée de tous. Faire des mélanges, tremper les mèches, les assembler : tout est très simple, et les techniques transmises s’acquièrent rapidement. Il n’y aura que quelques étapes qui auront besoin d’être réalisées à plusieurs, et encore : la pose du sky dome et du velux.
  • Elle est essentiellement basée sur le temps dont on dispose… car tout est manuel. Pas beaucoup de ressources, si ce n’est une richesse en temps. Il faut compter environ 600h pour faire un dôme.

Donc le facteur temps n’est pas à sous-estimer.

La technique est assez tolérante à l’erreur. On peut rattraper beaucoup de choses car l’adhérence des matériaux entre eux est très facile à réaliser. On peut ainsi reprendre facilement une malfaçon, associer une extension, comme le fait ici Solène.

Est-ce que j’ai été convaincu par les Kerterres ?

Oui, à 100%.

J’avoue avoir été séduit par les kerterres bien avant les avoir vues. J’avais donc un a priori très positif. Et je n’ai pas été déçu lors des visites. Elles sont comme des cocons poétiques. On s’y sent bien, avec l’essentiel : le contact avec la nature dans un environnement sain et apaisé.

Cette technique est très simple et laisse libre cours à l’imagination. Comme nous le verrons dans l’interview à venir d’Evelyne d’Adam, les kerterres, par leur simplicité, la manière de voir le monde qui est sous-jacente, sont libératrices de nos peurs les plus courantes : risquer de ne pas pouvoir subvenir à ses besoins. A partir du moment où on prend conscience qu’on peut construire son toit, se nourrir, être moins dépendants, on réalise que tout peut nous arriver et que l’on pourra toujours s’en sortir.

Alors on peut commencer à vivre, à expérimenter, à apprendre, à regarder, à prendre le temps, à faire vivre ses rêves, à transmettre ce que l’on sait…

Pour aller plus loin :

Site des Kerterres sur lequel vous trouverez toutes les informations concernant les formations : Cliquer ici.

Page Facebook des kerterres : https://www.facebook.com/kerterres/

Autre article sur Maisons et villages verts sur la kerterre.

23 réflexions au sujet de “J’ai suivi la formation Kerterre : apprendre à construire une maison en chaux-chanvre pour moins de 2000 € de matériel”

  1. Je viens de découvrir ton blog et je suis absolument fan de ce que j’y trouve ! Je connaissais les earthship mais pas les kerterres ! Ca ressemble un peu aux maisons des hobbit, j’me vois bien construire un kerterre en extension pour y mettre mon garde manger, mes bocaux, ect. Je me demande si on peut construire partout en France ? Aussi bien dans le nord qu’au sud ??? Je suis en Alsace et on a des hivers très froids et des été très chauds…
    Merci pour ta réponse !
    Belle journée à toi,

    Efi du blog http://www.mamanzerodechet.com

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    • Merci beaucoup Efi pour ton message. Oui, on peut en construire partout. En Alsace, il ne faudra pas négliger l’isolation. Mais les kerterres ne sont jamais très grandes et sont faciles à chauffer. Il y a eu des formations un peu partout en France.

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      • Superbe !! Je pensais à un titre aguicheur et je dois avouer avoir été très agréablement surpris par ce que j’ai lu. Ton article est très bien poussé descriptions mais également pour toutes les illustrations. Merci 🙏

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        • Merci Nicolas. Le titre qui ressort dans Facebook est affreux, je l’ai changé, mais il est resté en cache…
          Merci pour ton commentaire. J’ai également fait une interview d’Evelyne Adam que je suis en train de monter qui devrait t’intéresser.

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  2. Merci Geoffrey pour cet article détaillé ! J’aime bien ton style d’écriture, où la technique se mélange avec le sensible. C’est aussi ça l’habitat : du confort (sensoriel) et du bien-être (pour l’esprit) 🙂! Super idée de vacances avec ses enfants en plus 👍.

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    • Merci François-Xavier pour ton message. Oui, le partage en famille, apprendre, participer, faire partie d’un groupe… De bons moments partagés. Mais attention, il faut prendre les choses au sérieux ! On peut faire cela pendant ses vacances, mais hors de question de venir en touriste 😉

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      • Merci pour ce reportage en explications et images, je me posais beaucoup de questions sur la conception des kerterres.
        Pour moi qui suis plus en recherche de construire moi-même ma maison autonome, je trouve cette approche très intéressante et assez complémentaire du terre paille.
        J’aimerais beaucoup savoir quelle est la capacité isolante thermique des deux versions ?
        Peux-t-on construire sur une base béton comme pour certains earthship ?
        Et plus important encore, est-il envisageable de pouvoir construire ce type d’habitation sans systématiquement se voir opposer un refus d’une commune ou d’un service d’urbanisation local ?

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        • Bonjour Stéphane et merci pour votre commentaire.

          Concernant l’isolation chènevotte/chaux sur voute chaux-chanvre. J’avoue ne pas avoir de valeur de référence (R ou lambda) de l’ensemble.
          Dans le cas de cette kerterre, une épaisseur de 12cm environ de chénevotte a été posée. La chénevotte seule a un lambda très correct 0,055 et un déphasage de 12,49cm pour 20cm d’épaisseur.
          A priori, l’isolation extérieure proposée à partir de chénvotte semble être meilleure que la paille en comparaison d’un enduit terre paille (seule référence que j’ai).

          Concernant la base béton. Ce n’est pas vraiment l’esprit de la kerterre qui privilégie la respiration/perspirance de la maison. Ici, les remontées capillaires sont traités par la pose d’un hérisson. Pour le sol, on privilégie soit la terre crue, soit la pose d’un parquet. Alors, oui, cela doit être possible, mais on perd ce confort de repiration.
          Après qu’entendez-vous par base béton ? Un béton allégée par le chanvre ? Là encore, l’idée de la kerterre est plutôt de ne pas utiliser de ciment.

          Enfin, pour l’aspect légal, il y a encore un gros travail de sensibilisation des collectivités locales à faire. Si vous voulez bâtir sur un terrain non constructible et trouver une forme de détournement de la législation, c’est clair qu’elles ne vont pas apprécier.
          Je jouerais d’avantage la carte de la transparence, de l’aspect écologique (les mairies ayant une image écologique sont beaucoup plus attractives). L’architecture des kerterres a un charme et une esthétique, une poésie qu’il faut défendre.
          Rien n’est gagné, mais je jouerais la séduction d’un tel bâtiment, défendrais l’aspect écologique, expliquerais les motivations du projet, plutôt que de tenter de l’imposer en étant… dans les limites ou en dehors de la légalité.

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  3. Superbe article. Je connais les kerterre de par internet et ma passion des constructions. J’en rêve et c’est promis, dès que je serai jeune, j’en ferai une.
    Ton article me réjouis donc au plus haut point car il est fluide à lire et instructif à chaque ligne, un régal. On a l’impression de vivre l’aventure avec toi…Hop ! dans les favoris ce lien 😉 Vivement la suite.

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  4. Bonjour merci pour ces infos, mais maintenant j’ai des milliards de questions… je me demandais comment était conçu la sphère de métal ? Je cherche à réaliser une très grande kerterre (habitation principale) avec l’idée d’une structure yourte surélevée en pièce principale( à t elle inséré la structure d ela yourte à l’intérieur du mur ou était ce juste un soutien à la construction comme la sphère ?) comment ont été réalisés les poteaux, y avait une structure interne telle que bambou ou troncs à l’intérieur ? Et le toit étant du coup lui aussi plutôt plat y a t il des structures ?? Y a t il d’avoir le contact de cette dame afin de communiquer avec elle (j’ai déjà visité les kerterre d’evelyne je cherche une autre conception…) merci!!

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    • Bonjour Rebecca,
      Je vais essayer de vous aborder quelques éléments d’infos.
      La sphère en métal n’est pas indispensable, elle permet de ne pas attendre le séchage des mèches avant d’en rajouter d’autres. C’est particulièrement utile quand on est beaucoup sur le chantier. Ca l’est moins quand on travaille seul.
      Le moule était fait de plaques vissées pour pouvoir les démonter de l’intérieur. C’est intéressant quand on l’utilise pour plusieurs dômes car on peut l’amortir ainsi.
      On peut aussi faire un moule en roseaux. Mais c’est encore beaucoup de travail. Et ce n’est pas indispensable. C’est surtout fait pour se rassurer. (mais c’est important de l’être, surtout pour sa première construction)

      Pour une grande surface, je vais reprendre les conseils que j’ai reçus : faîtes plusieurs dômes que vous reliez les uns aux autres.
      Pour les poteaux, ils donnent beaucoup de cachets, mais coupent l’espace. Ils sont fait avec un axe en bois (type balai, ou étai, peu importe, l’important est que la chaux-sable-chanvre adhère) sur lequel on pose des mèches de chanvre.

      Concernant la keryourte faite sur une yourte qui servait de moule. C’est très délicat et ne respecte pas la répartition des charges obtenues par un dôme.
      Je vous conseille vraiment de multiplier de dômes sachant que plus le diamètre est grand plus la voute sera élevée, mais la répartition des charges meilleures.

      Vous pouvez contacter cette personne par l’intermédiaire du site kerterre.org.
      Bon courage ! C’est un très beau projet. Je vous encourage aussi à suivre la formation. Elle va vous mettre en confiance pour votre construction et ne représente pas un gros investissement en regard de son apport d’expérience.

      Répondre
    • Bonjour Neil,

      voici quelques adresses :

      Dans le nord vous pouvez contacter :
      La chanvrière du Belon à Riec sur Belon
      Jean-Michel Glemot, 06 48 53 57 47, Cherrueix en Ile et Vilaine,
      erldelabaie35@orange.fr
      Agrochanvre, Le Tertre à la Heberde, 50720 Barenton, 02 33 59 29 96

      Dans le sud vous pouvez contacter :
      Figeac 46 Pierre Amadieu : 06 03 96 16 28
      Mirabel et Blacon 26 Lionel Barral : 06 88 04 03 33
      Forcalquier : 06 82 59 21
      Colette Martin, presidente chanvre d’Auvergne :06 51 04 16 70
      Cléa Lucchesi, filière chanvre Gard 30 : 04 66 77 14 55 (lundi, mardi,
      mercredi)

      Bonne journée,
      Geoffrey

      Répondre
  5. Bonjour, j’ai suivi un stage de 5 jours et j’ai construis ma première petite Kerterre toute seule . C’est vraiment très accessible et passionnant à réaliser. Ce printemps j’organise a mon tour un stage qui est déjà complet ..et pour les personnes intéressées par un stage… à quelques kilomètres de chez moi ,Christophe organise ,dans un écrin de verdure, un stage de 5 jours de fin juin début juillet …Une belle occasion de découvrir nos belles montagnes vosgiennes 😃….il y a encore des places !!!

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    • Bonjour Martine,
      Toutes mes félicitations d’avoir été jusqu’au bout de votre projet !

      Votre message me rappelle d’excellents souvenirs. Je confirme que le stage est accessible à tous. Et c’est un excellent moyen de passer des vacances enrichissantes en rencontres, dans de beaux endroits, avec des passionnés.
      Même si l’on a de projet concret, on passe un excellent moment qui peut-être le déclencheur pour d’autres horizons !
      Bonne continuation !
      Geoffrey

      Répondre
  6. Génial- je trouve déjà plein de réponses avec les commentaires 🤗 merci !

    Je suis en totale réflexion sur mon prochain habitat et la kerterre est mon coup de coeur – une oeuvre magistrale 100% personnalisable, caressée par des mains bienveillantes avec des valeurs communes … Wawouuuu !

    A partir de là… faut-il passer la maison à un test de conformité électrique par exemple comme pour une construction classique?

    Je souhaite un confort thermique et également une autonomie avec du solaire, eaux de pluie et un système de phyto-épuration. Y a-t-il des spécialistes lors des stages plus longs pour les postes hors structures (elec, plomberie, chauffe-eau ?) afin de créer un lieu de vie/travail/cabinet agréable?

    Dans les maisons type « passif », la VMC est un point central pour le confort. Comment cela se passe-t-il dans une kerterre ? Est-ce que les murs respirants font office de VMC naturelle ?

    Dernière question: serait-il compatible de venir en rénovation d’une ruine en pierre avec le système kerterre ou cela créerait t il des problèmes de ponts thermiques/humidité ou autres ?

    Merci pour ce site et les nombreux articles tous très intéressant (et YouTube ☺️)

    Belle soirée,
    Sabine

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    • Bonjour Sabine.
      Merci pour votre commentaire.
      Je vais tenter de répondre à vos questions.
      La plupart des kerterres restent de petite dimension et sont très low tech.

      Les plus grandes que j’ai vues sont faites de plusieurs dômes.
      La ventilation se fait naturellement (sans mécanique) par une entrée d’air basse et une plus haute dans chaque dôme.
      La petite taille dit petit volume à chauffer. Nous ne sommes pas sur les mêmes paramètres qu’une maison traditionnelle.
      l’apport calorique reste faible et la maison rapide à chauffer avec un poêle à bois ou un petit poêle à gaz.
      L’isolation lors du stage était faite extérieures faite de 12 cm de chênevotte.

      Si tu es raccordée au réseau, il faudra que votre installation soit aux normes comme n’importe quelle maison. Ce qui est conseillé pour éviter les accidents de toute façon, lorsqu’on utilise des appareils qui demandent de la puissance (disjoncteur différentiel…).

      Mais dans l’esprit low tech, il est possible de mettre un système d’éclairage sur 12v/batterie / Panneaux solaires. Ce qui facilite une auto-installation.
      Ainsi pour une annexe, un lieu de vie, un bureau, ce peut-être une solution légère et accessible.

      Les stages Kerterre à ma connaissance ne proposent pas d’approfondissement type plomberie/électricité. Mais l’installation en particulier dans une annexe étant simple, je pense que l’intervention d’un professionnel ne devrait pas être élevé. Sinon, on trouve facilement des autos sur YouTube.

      Pour la dernière question, lors de l’interview avec Evelyne, la rénovation a été évoquée. L’avantage des kerterres, est l’utilisation du mélange, chaux sable chanvre qui permet de coller sur énormément de supports différents. Et donc de compléter un mur, faire des enduits…
      Donc, même si je ne connais pas d’exemple, cela vaut le coup d’être testé.
      A noter toutefois que les kerterres sont des voutes. La création d’une voute sur un mur existant génère une forte poussée vers l’extérieur. Poussée que le mur en pierre, vertical, n’est pas à même de gérer, car il n’a pas été conçu pour cela, surtout si le diamètre de la voute est important.

      Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre projet.

      Bien à vous,
      Geoffrey

      Répondre
  7. Superbe article, très complet !
    Je me renseigne actuellement pour fabriquer moi-même une Kerterre, et je me demandais quelle quantité de paille de chanvre est nécessaire pour construire une Kerterre de quelle dimension? Et de manière générale, quelle quantité de sable et de chaux a été nécessaire pour faire celle-ci ?

    Répondre

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