Maisons en terres crues, matières organiques et minérales – 1/3

Je débute ici une série de trois articles sur des techniques de construction qui peuvent sembler d’un autre âge : les maisons en terres crues, en matériaux organiques (fibres) et minéraux (pierres). Les noms qui suivent vous diront peut-être quelque chose. Certains peuvent vous sembler étonnants. Et pourtant, plus je m’y intéresse, plus je les trouve fantastiques, nous les découvrons ensemble :

  • l’adobe,
  • le pisé,
  • le bauge,
  • le torchis,
  • les murs en pailles,
  • le chanvre,
  • la kerterre,
  • les
  • le super adobe,
  • la pierre

Qu’est-ce qu’apportent ces matériaux ?

  • D’abord, ils nécessitent peu de transformation, et donc d’énergie pour leur production.
  • Ensuite, on les trouve en quantité, quasiment partout (ce qui limite le transport).
  • Et enfin, leur recyclage est extrêmement facile car étant peu transformés, ils peuvent être réutilisés, ou retourner à leur état naturel sans manipulation particulière…Les murs des maisons en terres crues par exemple, redeviennent… de la terre.

Cela leur confère des propriétés écologiques certaines, contrairement au béton, par exemple, qui épuise les ressources en sable et nécessite beaucoup d’énergie pour sa production.

Confort et bien-être au rendez-vous

Ces matières apportent beaucoup de confort à leurs habitants : bonne hygrométrie, bon niveau d’isolation (surtout combinée à des matières organiques telles que la paille ou le chanvre), saines (ne provoquent pas d’allergie en comparaison à des peintures de finition, même à l’eau), elle possèdent globalement de bonnes qualités thermiques. En deux mots, on s’y sent bien. Et c’est aussi pour cela qu’elles méritent qu’on s’y intéresse

Que ce soit pour la construction ou la rénovation, terres, pailles et pierres sont des matériaux élégants dont la connaissance et les compétences sont encore trop peu répandues. 

Le sursaut écologique est sans doute l’occasion de leur redonner leurs lettres de noblesse. Des fabricants, entrepreneurs, architectes et chercheurs commencent à les remettre en valeur. Mais pour l’utilisateur, c’est encore quelquefois source de déconvenues (rares rassurons-nous), car beaucoup de savoir-faire ont été perdus. 

Constructeurs et savoir-faire

Les constructeurs font encore office de pionniers. Il faut suivre les règles de l’art et bien choisir l’artisan qui mettra en oeuvre ces techniques pour ne pas subir les conséquences d’une mauvaise pose : temps de séchage, composition du mélange, humidité à la pose… 

Des réseaux se mettent en place, nous en parlerons dans un autre article, et vous aideront dans vos choix.

Si aujourd’hui, l’utilisation de ces matériaux semble exotique, rappelons nous qu’⅓ de la population mondiale vit encore dans des maisons en terre. 

Quand à la pierre, ses qualités esthétiques sont son point fort. Mais on craint son coût. Des architectes spécialisés conçoivent des maisons en très gros blocs de pierres (40-50cm de larges) qui s’assemblent quasiment au millimètre près et offrent de très bonnes propriétés thermiques. C’est vraiment très spectaculaire. Le résultat est saisissant.

Propriétés des maisons en matériaux organiques, minéraux et terres crues

Voici, résumé, les principales propriétés de ces matériaux. Comme vous pouvez le voir, elles sont nombreuses. Je les ai regroupées pour avoir un aperçu global. Attendez-vous donc à quelques petites variations que nous aborderons quand nous traiterons chaque technique spécifiquement.

  • Isolation :
    Bonnes qualités thermiques (bonne inertie, qui permet d’avoir une faible amplitude de température) et acoustiques, supérieures au béton. Bonnes qualités hygrométriques. Il faudra cependant pour la terre et la pierre prévoir des isolations complémentaires (en pailles par exemple)
     
  • Résistance :
    La longévité de ces maisons est remarquables. Elles peuvent résister plusieurs centaines d’années, si elles sont protégées de la pluie et entretenues. L’adobe a même fait ses preuves dans des régions sismiques en Amérique du Sud.
    Petite anecdote, les Incas ont été construits des temples en blocs de pierre, parfaitement ajustés, sans mortier. Cela leur a conféré une résilience, inconnue des techniques des colons espagnols qui ont construit des églises qui s’effondraient pendant les tremblements de terre important, alors que les temples incas restaient eux debout...
     
  • Ecologie :
    Ces techniques, parfois millénaires, sont remises au goût du jour pour leurs qualités écologiques. La terre est un matériau abondant qui nécessite peu de transport. Le bilan carbone est excellent car la fabrication ne nécessite pas un processus de transformation (chaleur par exemple) trop important  de la matière première.
  • Intégration à l’environnement naturel :
    Bonne, si l’on utilise des enduits terreux par exemple (couleurs qui se fondent au milieu ambiant) et une architecture adaptée.  
  • Architecture :
    Afin de protéger les murs en terres, sensibles aux précipitations, les toits doivent être allongés. Mais ces techniques permettent une grande variété architecturale.
  • Maison en kit :
    Ces maisons ne se prêtent pas à la construction en kit, de par leur méthode de fabrication. 
  • Auto-construction :
    En revanche, elles se prêtent bien à l’auto-construction. Cela nécessite une formation. On en trouve de plus en plus, y compris en France. Ce sont aussi des techniques qui se prêtent bien aux chantiers participatifs.
  • Durée de construction :
    Une équipe bien formée et organisée peut tenir des délais de chantier très courts. En Amérique du Sud, il faut deux personnes pendant un mois pour construire une maison en adobe.

Entretiens et coûts de maisons en matériaux organiques, minéraux et terres crues

  • Entretien : 
    Les précipitations sont l’ennemi des maisons en terre. Si les techniques de constructions et de protection (toit, enduits) sont respectées, l’entretien n’est pas plus contraignant que pour une maison traditionnelle.
  • Coût :
    Si la matière première est bon marchée et abondante, les techniques utilisées nécessitent beaucoup de main d’oeuvre. Les prix varient de quelques centaines d’euros le m2, à des montants comparables à une maison traditionnelle ayant des qualités BBC (1500 à 2000€ m2). Nous verrons spécifiquement le coût de chaque technique dans les articles qui suivent.

(à suivre…)

Vous avez aimé cet article ? alors n’hésitez pas à liker et partager ! et puis laissez-nous un petit commentaire, on y répondra avec plaisir.

En savoir plus :
sur les constructions en terres : [http://www.amaco.org]
Sur les maisons écologiques : [Cliquer ici]

photos : Entre Pinos Valle de Bravo, Mexique Crédit photo : Rory Gardiner   

Partager l'article :
  •  
    24
    Partages
  • 24
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire