Comment utiliser l’eau de pluie pour son habitat ?

Peut-on boire l’ eau de pluie ? Est-ce légal ? Doit-on obligatoire se raccorder au réseau ?

L’usage de l’eau de pluie pour son habitat à un moment où le changement climatique commence à faire ressentir ses effets, pose question. Déjà, certaines régions doivent arbitrer les usages. Irrigation, industrie, usages domestiques… Chacun réclame légitimement son accès.

L’eau sort par magie du robinet. Elle suit un long circuit de captation, de traitement puis de distribution avant qu’on ne la “consomme”. Puis on doit encore la re-traiter. 

Au final, tout ce cheminement coûte cher et n’est pas complètement satisfaisant tant nombre de cours d’eau, sources, nappes sont pollués.

L’eau, tout comme l’air, est une ressource indispensable à la vie. Sa disponibilité n’est cependant pas homogène, ni dans l’espace, ni dans le temps.

Intuitivement, on pourrait se dire qu’il suffirait de stocker l’eau de pluie localement pour subvenir à ses besoins. Mais cela n’est pas si évident. Déjà parce que notre consommation en eau potable domestique ne représente qu’une toute petite partie de notre prélèvement d’eau…

Alors capter l’eau de pluie pour son usage domestique, est-ce une bonne idée ?

Quel usage pour l'eau de pluie
Quel usage pour l’eau de pluie

Portrait de la consommation d’eau en France.

Au début du XIXème, un habitant français consommait en moyenne 15 à 20 litres d’eau par jour. 

Cette utilisation ne cesse d’augmenter avec l’ère industrielle (généralisation des salles de bains, des machines domestiques, des toilettes, des commodités et des équipements telles les piscines…) .

Après avoir connu un pic en 2004 à 165 l, la consommation est en baisse et se stabilise à 148 l d’eau par jour et personne en 2018. 

Cette baisse s’explique par des équipements domestiques moins consommateurs d’eau, un réseau plus fiable (moins de fuites) et une prise de conscience “écologique” poussant à l’économie. (source

Voyons maintenant comment se répartit cette consommation.

Quelle consommation d’eau à usage domestique ?

La consommation pour un ménage français se répartit ainsi :

  • 39 % pour les bains et les douches 
  • 20 % pour les W.C. 
  • 12 % pour le linge 
  • 10 % pour la vaisselle 
  • 6 % pour la préparation de la nourriture 
  • 6 % pour les usages domestiques divers 
  • et 6 % pour le lavage de la voiture et l’arrosage du jardin 
  • 1 % pour l’eau potable.

(source OMS, mais les sources se recoupent sensiblement)

Pour se faire une idée de ce que cela représente pour une famille de trois personnes pendant un an, cette consommation représente le contenu d’un bassin de 16 m par 10 m, profond de 1 m. Par jour ?

Pour l’eau potable, 8 baignoires, et pour les toilettes… 160 baignoires.

L’eau potable coûte 0,003 ct le litre, soit 200 à 300 (et même plus)  fois moins que l’eau en bouteille, qui, rappelons-le, n’est pas propre à une consommation quotidienne lorsqu’elle est minérale.

Mais cette consommation domestique d’eau potable ne représente qu’une toute petite partie des prélèvements nécessaires au fonctionnement de la société et de l’économie dans son ensemble.

Prélèvement par usage

Prélèvement d'eau en France
Prélèvement d’eau en France

En 2013, le prélèvement d’eau en France s’élève à 33 milliards de m3, répartis comme suit (source : Statistiques du développement durable) :

  • eau potable :  5,3 milliards de m3 (inclut la consommation des ménages)
  • agriculture :  2,7 milliards (à noter que la moitié sert à l’irrigation des cultures de maïs destiné à l’élevage – Source Le Monde)
  • Industriel : 2,7 milliards
  • Electricité : 17 milliards
  • Alimentation des canaux : 5,6 milliards

A retenir :

  • Plus de la moitié de l’eau prélevée est destinée à la production d’électricité.
  • Hors refroidissement des centrales électriques et alimentation des canaux, les prélèvements représentent 11 milliards de m3 en 2013, soit en moyenne :
    • 170 m3/habitant, destinés à la distribution d’eau potable, 
  • les prélèvements agricoles et industriels se partageant l’autre moitié à parts égales.
  • 68% de l’eau potable est d’origine souterraine. Le reste est captée dans les cours d’eau, lacs…

Concentrons-nous maintenant sur l’eau de pluie.

Les précipitations en France

Premièrement, la distribution des précipitations sur le territoire français est loin d’être homogène.

Elle varie de 300 mm à 2000 mm (et plus) d’eau par m2/an.

Petite rappel concernant la mesure des précipitations : 

  • 1 mm d’eau sur 1 m2 équivaut à 1 litre d’eau
  • Si l’on reprend la famille de 3 personnes de tout à l’heure (qui a un bassin de 16mx10m sur 1 m), si elle ne consommait rien pendant 1 an, il faudrait une pluviométrie de 1000 mm / an / m2 pour remplir son bassin (hors évaporation)

Voyons la répartition sur le territoire français : 2019 

Pluviometrie France
Pluviometrie France- source météo France

La France a un territoire plutôt bien arrosé !

Il faut cependant pondérer cette carte avec la saisonnalité des précipitations et l’évolution du climat.

Et tout le problème est là, lorsque l’on souhaite exploiter l’eau de pluie pour un usage domestique

Utiliser l eau de pluie pour un usage domestique

Les motivations

Nous pouvons être motivés pour plusieurs raisons :

  1. Aspects économiques : réduire sa facture en eau
  2. Motivation écologique : diminuer sa pression sur les réseaux et la collectivité (alimentation et/ou assainissement)
  3. Besoin d’indépendance et anticipation des risques : ne pas dépendre des réseaux et des restrictions qui se multiplient.

Comment utiliser l’eau de pluie dans sa maison ?

Prenons les usages selon les besoins en qualité d’eau :

Groupe I : Usages extérieurs de l’eau de pluie

  1. L’arrosage du jardin 
  2. Le lavage de la voiture

Ces deux premiers usages ne nécessitent pas une eau de grande qualité. Il est donc assez facile de la stocker et de l’utiliser.

Groupe II  : Usages intérieurs de l’eau de pluie

  1. toilettes (20% de la consommation)
  2. la lessive 
  3. l’entretien courant (nettoyage des sols…)

Groupe III  : contact organique, et consommation

  1. douches/bains
  2. vaisselle
  3. cuisine
  4. boisson. (1%)

Selon l’Ademe, un foyer de 4 personnes recueillant l’eau pluviale peut économiser plus de 40 % de sa consommation d’eau de ville, soit environ 300 € par an, sans avoir à restreindre son utilisation quotidienne (150 à 200 litres en moyenne).

Mais au fait…

Peut-on boire l’eau de pluie ?

Non,…”

“…l’eau de pluie que vous récupérez est strictement interdite pour une consommation alimentaire, car elle présente une contamination chimique. Vous ne devez donc pas la boire, ni l’utiliser pour cuisiner ou laver la vaisselle.” source service-publique.fr 

Mais qu’est-ce que la contamination chimique ?

La réponse à cette question est assez contre intuitive. Car contrairement aux idées reçues l’eau de pluie que l’on pense “pure” n’est pas si pure que cela.

Risques liés à la consommation d’eau de pluie

L’eau de pluie est normalement pure et légèrement acide. C’est le cas de la rosée, la brume, le givre et la condensation en générale.

Malheureusement, lors de sa genèse puis de sa chute, l’eau de pluie se charge d’éléments minéraux et polluants. Voire très polluants dans le cas de ce que l’on appelle les pluies acides.

Que ce soit lors de la montée ou de la descente, l’eau risque de se charger en pesticide, hydrocarbures, dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, nitrates et même de métaux lourds (et plastique maintenant).

Ces éléments clandestins sont particulièrement présents là où l’activité humaine est dense (zones urbaines, industrielles et agricoles).

Mais comme les nuages se déplacent avec les vents… Aucune zone n’est a priori à l’abris.

Risques liés à la captation

Enfin, pour un usage domestique, l’eau de pluie est généralement captée par le toit. 

Et là encore, il y a un risque de contamination et l’eau peut se charger en bactéries, microorganismes, champignons, algues, potentiellement pathogène.

Mais alors… que faire ?

L’utilisation de l’eau de pluie est régie par l’arrêté du 21 août 2008 relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments.

Avant de la consommer, il faut la faire changer de statut, c’est-à-dire la “potabiliser”. Elle passera d’eau de pluie à eau potable.

Elle pourra alors servir au groupe III (douche, vaisselle, cuisine et bien sûr … boisson) 

Traiter son eau de pluie selon les usages 

Groupe I (usage extérieur)

Un filtre simple qui enlève les grosses particules suffit. Un filtre au sable par exemple, voire une membrane qui enlève les feuilles, branches, et poussières afin de faciliter les usages et de stabiliser un minimum l’eau lors de la conservation.

Il existe de nombreux types de filtres que vous trouverez dans les magasins spécialisés.

Ils demandent plus ou moins d’entretien. Cependant, il existe un entretien légal de la cuve dans tous les cas (voir la suite).

Groupe II (usage intérieur)

Avant d’injecter de l’eau dans une installation domestique, il faut tout d’abord abaisser so pH qui est généralement compris entre 4,5 et 5,5. En effet, une eau trop acide peut détériorer les installations de la maison.

Pour cela, le plus efficace est de stocker l’eau dans une cuve en… béton. Le béton a cette particularité de reminéraliser l’eau et de diminuer son acidité pour atteindre un pH compris entre 6,9 et 7,7. De plus, une citerne préfabriquée en béton coûte moins cher qu’une citerne en matière synthétique.

A noter que l’eau de pluie n’étant pas calcaire ne provoque pas de vieillissement anticipé des canalisations et de l’électroménager (lave vaisselle, lave linge, chauffe-eau…).

et Groupe III (alimentaire/hygiène)

En ajoutant un filtre UV, on s’assure de la destruction des organismes vivants.

Mais cela n’élimine pas les pesticides, hydrocarbures, métaux lourds….

Pour rendre l’eau de pluie potable d’un point de vue sanitaire en France, il faut d’abord s’assurer que le pH de la cuve est stable. 

Puis, on distingue trois méthodes pour potabiliser l’eau de pluie : 

  • la microfiltration, 
  • l’ultra filtration 
  • l’osmose inverse. 

Bref, cela devient un peu plus complexe. Et pour s’assurer que l’eau reste bien potable, il faudrait réaliser régulièrement des tests en laboratoire pour s’assurer que son installation est bien fonctionnelle.

Usage pragmatique de l’eau de pluie

Pour économiser les ressources, une idée dirige les propos de ce blog : utilisons ce dont on dispose sur place, évitons les transports, les traitements et les retraitements… Soyons pragmatiques, créatifs, et créateurs de valeur !

Pour une famille moyenne de quatre personnes avec un raccordement au wc, au lave-linge et un robinet extérieur, une citerne de 5000 l offrira généralement une capacité de stockage suffisante.

Voici ci-dessous un exemple d’installation pour une utilisation simple de l’eau de pluie :

  1. Cuve (de préférence en béton)
  2. Trop plein
  3. Pré-filtre (pour éviter la formation de dépôt, fermentation, mauvaises odeurs… qui nécessiteront un traitement plus important avant usage)
  4. Pompe
  5. Filtre à flotteur (Le filtre se situe alors à 10 cm environ en-dessous de la surface de l’eau et évite ainsi le pompage de boues et de particules flottantes.)
  6. Interrupteur à flotteur (lorsque le niveau de la cuve est trop bas, pour éviter d’aspirer les dépôts)
  7. Robinet de remplissage 
Circuit cuve à récupération d'eau de pluie

Le système d’eau de pluie (Source: Prov. Brabant flamand) 

Limite de cette installation :

En cas de sécheresse, si le niveau est trop bas, il faudra soit passer sur le réseau… soit remplir la cuve avec l’eau du réseau. C’est pour cela que la cuve doit être adaptée à votre usage et aux réserves nécessaires à faire pour anticiper les périodes de sécheresse.

Bon à savoir : Aspects légaux

  • Avant d’installer une cuve, il faut effectuer une déclaration d’usage des eaux pluviales en mairie pour l’utilisation du réseau public d’assainissement (payant).
  • Selon l’arrêté ministériel du 21 août 2008, l’usage d’une cuve implique le nettoyage annuel via une vidange et une désinfection, ainsi que la mise à jour d’un carnet d’entretien. La cuve ne peut alimenter que certains usages (arrosage, lavage, alimentation des WC).
    Une plaque mentionnant « eau non potable » et un pictogramme de mise en garde doit par ailleurs être affiché à côté de chaque point de soutirage d’eau de pluie et WC alimenté par l’eau de pluie.
  • Il existe un label de qualité décerné aux installateurs professionnels. Ce label témoigne de l’expertise et de l’expérience requise de l’entreprise qui s’engage, vis-à-vis du client à respecter 10 critères de professionnalisme.
  • Il est interdit d’installer un robinet distribuant l’eau de pluie dans une pièce où se trouvent des robinets distribuant de l’eau potable (sauf caves, sous-sol et autres pièces annexes comme un garage par exemple).

En conclusion : 

Le premier intérêt des eaux de pluie consiste à diminuer les prélèvements en eau potable. Une famille qui peut prélever l’eau de pluie par le toit peut ainsi diminuer de 50 à 60% sa consommation d’eau de ville.

Les installations avec filtration simple pour les usages extérieurs, toilettes, lavages sont assez facile à réaliser. Il est bien sûr beaucoup plus aisé de faire l’installation lors d’une construction (terrassement, canalisation, installation de la cuve) que lors d’une rénovation.

Compte tenu des risques liées à la disparité de la qualité pluies (origine des vents et donc pollution), de la captation (propreté du toit par exemple), du stockage et de l’entretien des filtres, il est beaucoup plus sûr et pratique d’utiliser l’eau du réseau qui est en grande majorité de bonne qualité sur le territoire français. C’est la raison pour laquelle il est interdit de la boire.

De plus, la consommation dédiée à l’alimentation étant très faible, il est donc tout à fait justifié de la prioriser par rapport aux autres usages qui peuvent être couverts par les eaux de pluie.

Donc utilisez l’eau du robinet de votre ville pour boire, manger, et vous laver. 

Utilisez l’eau de pluie pour le reste !

NB : la notion de groupe de cet article n’a aucune origine légale et ne vise qu’à l’aspect pédagogique de texte.

Pour aller plus loin :

Quelques ressources :

Une bonne utilisation de l’eau de pluie

Crédit photo : InspiredImages, sandid  de Pixabay,  Max on Unsplash

Partager l'article :
  •  
    95
    Partages
  • 95
  •  
  •  
  •  

17 réflexions au sujet de “Comment utiliser l’eau de pluie pour son habitat ?”

  1. Bonjour,

    Très bel article, l’architecture est un ensemble, sans cet équilibre avec notre environnement, nous ne sommes rien et l’économie des ressources reste la base !

    Soyons solidaire dans nos actions et apprenons à bien gérer nos ressources.
    Bravo encore

    Répondre
  2. Merci Geoffrey pour cet article !
    Malheureusement, comme tu l’as bien précisé, ce n’est pas évident de refaire tout le réseau d’eau domestique d’une habitation existante.
    C’est la raison pour laquelle chez moi je n’ai qu’un robinet extérieur alimenté par de l’eau de pluie.
    C’est en tout cas à garder en tête pour une construction !

    Répondre
    • Bonjour Charlène,
      Oui, revoir son installation n’a pas toujours grand sens à court terme. (équipement et de ressources nécessaires aux travaux)
      Tout dépend aussi de sa consommation et du nombre de personnes qui habitent le foyer !

      Répondre
  3. Waou, je suis impressionné par ton article qui est très complet. Je me posais une question pour les eaux de l’évier: est-il possible de récupérer les eaux de l’évier de la cuisine ? Je me rends compte que lorsque je lave des légumes, beaucoup d’eau pourrait être récupérée dans un réservoir car elle n’est pas “sale” (produits chimiques, savon, etc);. Il faudrait avoir un système de double sortie d’eau dans les éviers pour récupérer l’eau qui n’est si sale et qui peut servir à arroser des plantes par exemple.

    Répondre
    • Bonjour Guillaume, merci pour votre message !
      Reconstruire une double évacuation sur un évier risque d’être un peu démesuré par rapport à la quantité d’eau récupérée quotidiennement.
      Tout dépend de la configuration de la maison (si il est possible de se brancher facilement sur une autre cuve). Il faudra prévoir aussi un filtre pour récupérer les dépôts de terre/végétaux.
      Peut-être est-il plus simple d’utiliser une bassine que l’on reverse dans une cuve dédiée à cela ou arroser directement les plantes.
      Bonne journée !

      Répondre
  4. Article très intéressant, on n’imagine pas tout l’eau que l’on a besoin, toute l’eau également gaspillée, et surtout en maltraitant la planète, c’est tout ce qui est essentiel à notre survie que nous remettons en question. En tout cas, utiliser l’eau de pluie pour les toilettes ou la voiture je trouve cela très bien.

    Répondre
  5. Très intéressant article, qui permet d’avoir aussi les ordres de grandeurs sur l’utilisation de l’eau potable (quasiment 60% pour le bain/douche et les WC, c’est énorme).
    D’ailleurs, un concept intéressant à ce sujet est la showerloop pour recycler l’eau pour sa douche et limiter ainsi la consommation : https://wp.me/p9daJA-sf

    Pour en revenir à l’eau de pluie, la démarche Haute Qualité Environnementale exige pour les bâtiments d’avoir une récupération de pluie pour l’arrosage des plantes et l’entretien extérieur. Pour l’utilisation en intérieur, c’est effectivement plus simple pour sa maison, c’est difficile à faire passer sur les projets d’immeuble.

    Avec l’imperméabilisation liée aux constructions et routes, ce stockage permet aussi de limiter les risques d’inondations puisque l’eau ne s’infiltre plus dans les sols. C’est donc à encourager. Merci pour l’article

    Répondre
    • Bonjour et merci pour ce commentaire.
      Tout à fait, ce système permet de lisser l’évacuation des eaux pluviales. (mais pas suffisant en cas de très fortes pluies comme on commence à en connaître de plus en plus.)

      Répondre
  6. Intéressant Geoffrey ce que tu écris sur le coût inférieur des citernes en béton. Quand nous avons fait installer notre citerne enterrée de 6,5 m3 (qui nous sert à l’arrosage du jardin en été), le paysagiste nous a “imposé” une citerne en matière plastique, nous disant que le béton serait plus cher. Peut-être était-ce le poids qui le décourageait ? Yann

    Répondre

Laisser un commentaire